Mais avant d'en arriver là, je dois encore dire que durant tout ce temps j'avais aussi entrepris de trouver des personnes avec qui parler de ce que je vivais : Ce furent, après une astrologue des prêtres, qui ne captèrent pas trop, un cependant me disant que c'était la grâce qui m'avait touché, mais plus étonné que capable de répondre à ma confuse attente. Je pensais alors aux moines d'Hautecombe, de l'autre côté du lac : n'avaient-ils pas mis leur vie à part pour Dieu!?
Je vivais quelques jours parmi eux, passant de longues heures à discuter, à écouter, à lire, fébrilement attiré par les livres de " l'enfer " qu'on m'ouvrait exceptionnellement et secrètement, à suivre les offices... toutefois sans trouver ce que j'avais espéré, chose que je n'aurais pas su formuler, en tout cas suffisamment insatisfait pour écourter mon séjour et chercher plus avant.
Car, me disais-je, il y avait d'autres religions, et je ne devais pas m'en arrêter à cette seule expression, insuffisante, de la spiritualité! Après avoir encore trouvé le temple réformé inaccessible, dans une conduite des choses, je voyais à Aix-les-Bains une plaque de rue et la vitrine d'une assemblée évangélique, mais cela resta comme un appel qui me trouvait sans force ou sans mémoire pour y venir à un moment d'ouverture.
A Chambéry par contre, j'étais été abordé par des Hare Khrisna, et quand on me présenta une autre personne qui avait connu dans sa jeunesse une fulgurante illumination et qui habitait Paris, il ne restait plus qu'à prendre le train.
C'était ainsi qu'avec Marc maintenant ingénieur retraité pourvu d'un bon carnet d'adresses, et encore conduit par des affiches et autres connexions nouvelles... on se mit à faire " la tournée des grands ducs " de l'autre versant des choses, commençant par les Hare khrisna, passant à la Pure Vérité, par les Amis de l'Homme, la Société Théosophique et d'autres mouvements et salons mondains où une certaine culture spirituelle avait sa place. Plus que curieux, amorcé, attiré, poussé, puis par un détail ou une énormité désillusionné, fatigué, je parcourais ainsi Paris, puis bientôt la Suisse, découvrant Findhorn, la Fraternité Blanche, l'instinctothérapie, la macrobiotique, le végétarisme, Khrishnamurti..., élargissant jour après jour mon exploration de la galaxie des métaphysiques, mais toujours sans trouver résonance, sans parole ou contact que confusément je recherchais et qui auraient été échangés dans une évidence que c'était bien en Dieu qu'on se rencontrait...
Cette quête prenait aussi de plus en plus une autre orientation. Des personnes étaient touchées par mon témoignage, et quand j'éditais mon 1er livre, c'est moi qui me trouvais propulsé sur l'avant de la scène, côté initié! Après sa parution et un stand au salon New-age appelé Marjolaine à Paris, non seulement j'étais vu, lu et écouté, mais encore je recevais les honneurs d'une équipe de télévision, et une petite-fille (déjà d'un âge bien avancé) d'un des maréchaux de Napoléon (Masséna) m'offrait une aile d'un de ses châteaux pour loger "mon mouvement"! Je recevais encore un peu plus tard l'intégralité du prix d'édition de mon second livre (La vibration d'amour I).
C'est dire que je me trouvais maintenant à l'aise dans cette auberge espagnole qu'est le Nouvel-âge: l'homme aime toujours à être élevé, écouté, regardé! Ce n'était plus Celui qui m'avait visité qui comptait (avait-il seulement déjà compté pour lui-même, hormis le fait que j'avais été mis en mouvement pour l'autre côté de la porte de l'univers?). Comme beaucoup dans cette sphère, je parlais certainement beaucoup de l'expansion de conscience ou de l'évolution cosmogonique, mais de QUI ETAIT Dieu?... Partout on se référait à la Bible, mais que ne lui fait-on pas dire? Christ aussi était très présent dans les milieux orientalistes ou médiumniques, LE MOT, sans qu'on se soucie de QUI il pouvait réellement être.
Ca marchait bien -apparemment!- pour moi. Des commades de livres arrivaient de Suisse, Canada, Afrique... mais je n'avais toujours pas compris grand-chose à POURQUOI Dieu m'avait révélé son existence. Je m'attachais plus à la dimension ouverte qu'à son contenu, encore captifs, comme tant d'autres, de l'illusion d'être déjà dans ce qu'on n'a encore fait d'entrevoir...
à suivre....
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