Cependant Dieu veillait! Et s'il ne peut enfreindre certaines des libertés dont il nous a pourvus, s'il permet même, outre nos vagabondages des déroutages insidieux, Dieu n'en garde pas moins le contrôle des opérations, la maîtrise des temps et des circonstances! Alléluia! C'est ainsi qu'arriva un temps où je ne parvenais pas à mettre le mot Fin sur le second volume de La vibration d'amour, qui me semblait pourtant achevé. C'était comme un mur devant moi, invisible mais bien réel, que je cherchais un temps à contourner, puis que j'acceptais, sans comprendre autre chose que c'était mieux de ne pas insister et d'attendre.
A cet endroit je dois encore revenir en arrière pour dire ce que j'avais mis en place en parallèle à mes pérégrinations et dont l'aboutissement arrivait. Face à mon incapacité à partager ce que je vivais de surnaturel avec mon fils alors âgé de sept ou huit ans, j'avais voulu qu'il soit quand même au moins enseigné de rudiments, ce qu'on trouve dans le catholicisme. Or la catéchiste sollicitée, que je ne connaissais pas, était également une sympathisante d'un mouvement chrétien international qui, traduit de l'anglais s'appelle "Association des Hommes d'Affaires du Plein Evangile".
A Chambéry comme dans beaucoup de villes de nombreux pays, des soirées-témoignage étaient organisées mensuellement, et j'en trouvais dans ma boîte aux lettres des invitations avec notamment le nom de Jésus-Christ qui m'interpellait... Un soir, avec ma femme qui suivait un peu à distance ce que je vivais, on finit par rejoindre une de ces réunions.
Précieux rendez-vous en vérité, car Dieu nous attendait là l'un et l'autre! Nous arrivions précisément pendant que l'assemblée des personnes présentes chantait les louanges de Dieu les bras levés vers le ciel. A cet instant, encore sur le pas de la porte, le Saint-Esprit fondit sur moi, me traversant dans un fourmillement très sensible de la tête aux pieds. Puissante manifestation qui était en même temps une attestation qui disait à mon coeur : "Voilà! Ils sont là, ceux que tu cherches!". Je trouvais, on pourrait dire "tout simplement", des chrétiens; mais c'en était des vrais, pas des croyants de nom ou de tradition. Ils étaient réunis là autour de ce Dieu qui était venu à moi et qui était ici pour eux, en une personnalisation ou appropriation que je ne connaissais pas, "leur" Dieu, leur Père, eux en lui et lui en eux et au milieu d'eux... Merveille de la présence de Dieu parmi les hommes!
Il m'avait donc fallu un périple de quatre années, un tour d'horizon de (presque!) tout ce qui se vit ou se propose de surnaturel sous le soleil, avant d'aboutir –acceptant à la fois de laisser mon livre et de répondre à une invitation- à cette rencontre qui allait s'avérer déterminante pour la suite de ma (lente) remontée et restauration en Dieu.
...Et voilà que certains de ceux qui allaient maintenant devenir "mes frères et s½urs", habitaient en fait... tout près de chez nous!
DE CROYANT A... SAUVE !
Pour que des êtres humains soient frères ou soeurs, unis par le lien indestructible d'une fraternité véritable, il faut qu'ils aient un même géniteur; et c'est précisément ce que Dieu veut faire avec nous! ...ce qu'il n'avait pas encore pu devenir pour moi, malgré qu'il m'ait témoigné qu'il me connaissait bien personnellement, ce que je traduisais, non sans une grossière erreur: il m'a à la bonne!
Ma croyance n'avait pas cet effet qu'il recherche de nous (re)créer en lui, de nous faire entrer dans une relation vivante avec lui (on dit autrement encore nous sauver, nous racheter des forces mauvaises de ce monde, nous en rendre libres et vainqueurs...)
En réalité jusque là je n'avais encore jamais ressenti un réel besoin de Dieu. J'avais bien été grandement éveillé à lui, chamboulé, dynamisé, rendu heureux... mais je ne voyais ni n'imaginais rien de plus permanent à vivre avec Dieu. Je pouvais en parler avec conviction, la certitude de sa réalité s'étant comme écrite en moi, mais je ne priais pas et je n'avais que très peu lu la Bible. J'avais bien résisté à quelques tentations, mais à l'occasion d'une rencontre "spirituelle" j'avais aussi glissé dans une relation coupable qui ajoutait à mon porte-à-faux et à mes nouveaux égarements...
Vers la fin donc de cette soirée des HAPE, pour sa part ma femme avait été puissamment visitée et convaincue d'être une pécheresse devant Dieu. Elle s'était vue souillée, misérable, pleurant les larmes de son corps, au moment où j'avais répondu à un appel à suivre Jésus, dans le sentiment de l'évidence que cela était depuis longtemps déjà, et je n'en avais jamais dévié! Ma véritable condition spirituelle ("mort dans nos offenses", dit la Bible) me restait encore là cachée.
Des chrétiens se sont approchés, certains étaient du Renouveau Charismatique, d'autres de l'Eglise dite Réformée, d'autres encore d'églises dites évangéliques, et Christine la catéchiste s'est présentée comme étant aussi la factrice par qui on avait pu être présents...
Puis Marc et Gabrielle nous ont prêté un disque ("Si mon peuple", de Jeunesse en Mission), et je chantais de tout mon coeur ses musiques modernes et entraînantes, ses paroles spirituelles, heureux comme si j'étais déjà de ce peuple!...
Mais on ne change pas de direction, ou de maître! aussi facilement. La Bible dit par le prophète Jérémie (ch. 10, verset 23) que la voie de l'homme n'est pas en son pouvoir quand il marche, et je devais encore l'expérimenter. Ainsi, malgré ces nouveaux contacts très sympathiques, je me rendais bientôt -pour la première fois avec ma femme- en Suisse où Khrishnamurti rassemblait (année après année) quelques milliers de personnes et quelques amis... qui m'étaient surtout des acheteurs potentiels!
Mais quelque chose s'était passé en moi: je n'avais plus aucun allant pour vendre mes livres, ni pour écouter l'orateur dont l'anglais de plus m'était difficilement compréhensible. L'événement majeur de ce déplacement se trouva ailleurs, qui montre comment les forces occultes ne sont jamais très éloignées de ce que nous vivons ou de ce que Dieu entreprend.
Ce fut une rencontre avec une jeune femme, belle et séduisante -notamment par un mystère qu'elle entretenait avec une certaine maîtrise. On sympathisa rapidement, et après nous avoir poussés à vouloir savoir, elle finit par nous dire à quel mouvement elle appartenait, une secte internationale qui allait avoir son grand rassemblement annuel très prochainement... à quoi elle nous invitait bien évidemment. Le soir et notre départ arrivant, elle nous offrit de partager son lit (à trois!), ce que je déclinai plutôt sèchement, gardé plus que conscient de ce que je répondais...
à suivre...